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RAPPORT DU MEDEF 'L'Intelligence Economique - Guide pratique pour les PME'
Le nouveau livre blanc du MEDEF dédié aux politiques d'intelligence économique est sorti au mois de novembre 2006. Resté dans mes cartons depuis quelques mois, il est temps de vous dire ce que j'en pense et de quelle manière il semble susceptible d'influer ou non sur la vie de nos entreprises.
Ce Livre Blanc est le fruit de plusieurs années de travail au sein d'un cercle restreint de membre du MEDEF appellé Cercle d'Intelligence Economique (CIE) se donnant pour mission la transformation de l'intelligence collective en système d'intelligence économique performant. Une première approche étonnante, tant on sait combien le positionnement stratégique d'une entreprise est fonction de son environnement interne comme externe.
Mais rentrons dans le vif du sujet. Après quelques pages de présentation des principaux acteurs du marché et autres organismes parapublics, le rapport s'attache à décrire la démarche d'IE de façon très pragmatique. Bien loin des rapports institutionnalisés, celui-ci cherche avant tout à proposer de grandes lignes directrice suivies de méthodologies pratiques.
Ainsi le première thème s'attache à la compréhension de son environnement et aux moyens nécessaires à sa continuelle appréhension. Dans les faits, qui se passe t'il ? La plupart des entreprises et de ses managers connaissent leur positionnement, celui de leurs concurrents et de leurs produits. Les risques comme les opportunités ne sont pas réactualisés, et les managers -fort de leur activité opérationnelle- ne font plus l'effort de se remettre en question. L'idée est donc de créer une intelligence collective au service de l'entreprise, en auditant, recensant, analysant et surveillant son environnement pour mieux convaincre chaque manager de l'importance du pilotage stratégique. Bref de l'IE.
Le second thème s'attache au développement de son propre système d'intelligence économique. Dans un premier temps, le MEDEF préconise une phase d'audit permettant de déceler les typologies de flux et les processus de transfert informationnels dans et hors de l'entreprise : cartographies, noeuds d'information, identification des relais...du classique. Dans un second temps, il promeut la nomination d'un délégué général à l'intelligence économique. Une action originale qui semble pourtant délicate à mettre en place : à part dans les grands groupes et dans les PME compétitives à l'international, cette politique requiert la promotion d'une personne "du sérail" à ce poste. Il s'agit donc à court terme de se séparer de la puissance de feu opérationnelle d'une personne nécessaire à la bonne marche de l'entreprise au jour le jour, pour y gagner à moyen ou long terme. Dans une entreprise de mois de 50 ou 100 personnes , cela me paraît particulièrement compliqué. Autant recruter un CDD ou faire appel à un prestataire spécialisé.
Le troisième thème s'intitule "développer l'intelligence collective de l'entreprise". Il s'agit ici de recueillir le sentiment de chacun et de veille à la bonne marche de la structure afin d'anticiper les crises et les évolutions à venir. Le CIE recommande alors la diffusion d'un questionnaire de départ (départ de quoi ?) censé sensibiliser et faire réfléchir chaque employé à l'activité de l'entreprise. Une action qui me semble décalée, tant l'information reste souvent tacite. Le CIE ne nous donne pas plus d'informations que celà sur la démarche. C'est à peine s'il énonce le besoin de développement d'un intranet afin de mener des "opérations ponctuelles de communication" et de mettre en place des outils de veille afin d'"aspirer des sites' et de "faire des recherches" sur les concurrents. Il s'agit d'une partie particulièrement inaboutie du rapport, ce que je déplore.
Le quatrième thème s'intitule "Se protéger" et aborde les problématiques liées à la protection des actifs stratégiques de l'entreprise. Pour cela, le CIE recommande la mise en place d'actions de prévention à plusieurs échelons hiérarchiques. Tout d'abord, la direction de l'entreprise devra être particulièrement sensibilisée à la problématique afin d'en faire un véritable organe de contrôle des risques. Ensuite, les salariés et managers devront être briefés sur l'utilisation qu'ils feront de l'information sensible dans ou en dehors de l'entreprise. Enfin, l'idéal serait de mener un véritable audit des risques par l'intermédiaire d'un prestataire ou d'une personne dédiée à cette tâche, à plein ou mi-temps (mais on retombe alors sur la problématique précédemment invoquée). L'idéal invoqué par le rapport consiste en la mise en place d'un système de veille des risques. Sans l'invoquer clairement, on pense ici immédiatement au concept de War Room. Cette partie en termine par l'énonciation des principaux risques, permettant une mise en pratique rapide pour tout dirigeant d'entreprise.
Le cinquième et dernier thème est dédié aux manoeuvres d'influence. Traité en trois pages, il permet juste de se faire une idée assez réaliste des enjeux liés à l'influence, qu'ils soient publics ou privés. Les actions préconisées permettront aux plus téméraires de se rendre compte de la complexités des jeux d'influence, mais pas de s'y frotter réellement. Le domaine d'intervention est tellement délicat qu'il semblait effectivement délicat de rentrer plus en profondeur.
Pour conclure, je dirais que ce Livre Blanc se montre bien plus pertinent que ses prédecesseurs et apporte bien plus de réponse aux entrepreneurs en quête d'applications opérationnelles aux stratégies d'intelligence économique, même si quelques lacunes sont à déplorer. Restons donc positifs : si le MEDEF est sur la bonne voie, c'est que nos entreprises commencent à l'être.
Mais rentrons dans le vif du sujet. Après quelques pages de présentation des principaux acteurs du marché et autres organismes parapublics, le rapport s'attache à décrire la démarche d'IE de façon très pragmatique. Bien loin des rapports institutionnalisés, celui-ci cherche avant tout à proposer de grandes lignes directrice suivies de méthodologies pratiques.
Ainsi le première thème s'attache à la compréhension de son environnement et aux moyens nécessaires à sa continuelle appréhension. Dans les faits, qui se passe t'il ? La plupart des entreprises et de ses managers connaissent leur positionnement, celui de leurs concurrents et de leurs produits. Les risques comme les opportunités ne sont pas réactualisés, et les managers -fort de leur activité opérationnelle- ne font plus l'effort de se remettre en question. L'idée est donc de créer une intelligence collective au service de l'entreprise, en auditant, recensant, analysant et surveillant son environnement pour mieux convaincre chaque manager de l'importance du pilotage stratégique. Bref de l'IE.
Le second thème s'attache au développement de son propre système d'intelligence économique. Dans un premier temps, le MEDEF préconise une phase d'audit permettant de déceler les typologies de flux et les processus de transfert informationnels dans et hors de l'entreprise : cartographies, noeuds d'information, identification des relais...du classique. Dans un second temps, il promeut la nomination d'un délégué général à l'intelligence économique. Une action originale qui semble pourtant délicate à mettre en place : à part dans les grands groupes et dans les PME compétitives à l'international, cette politique requiert la promotion d'une personne "du sérail" à ce poste. Il s'agit donc à court terme de se séparer de la puissance de feu opérationnelle d'une personne nécessaire à la bonne marche de l'entreprise au jour le jour, pour y gagner à moyen ou long terme. Dans une entreprise de mois de 50 ou 100 personnes , cela me paraît particulièrement compliqué. Autant recruter un CDD ou faire appel à un prestataire spécialisé.
Le troisième thème s'intitule "développer l'intelligence collective de l'entreprise". Il s'agit ici de recueillir le sentiment de chacun et de veille à la bonne marche de la structure afin d'anticiper les crises et les évolutions à venir. Le CIE recommande alors la diffusion d'un questionnaire de départ (départ de quoi ?) censé sensibiliser et faire réfléchir chaque employé à l'activité de l'entreprise. Une action qui me semble décalée, tant l'information reste souvent tacite. Le CIE ne nous donne pas plus d'informations que celà sur la démarche. C'est à peine s'il énonce le besoin de développement d'un intranet afin de mener des "opérations ponctuelles de communication" et de mettre en place des outils de veille afin d'"aspirer des sites' et de "faire des recherches" sur les concurrents. Il s'agit d'une partie particulièrement inaboutie du rapport, ce que je déplore.
Le quatrième thème s'intitule "Se protéger" et aborde les problématiques liées à la protection des actifs stratégiques de l'entreprise. Pour cela, le CIE recommande la mise en place d'actions de prévention à plusieurs échelons hiérarchiques. Tout d'abord, la direction de l'entreprise devra être particulièrement sensibilisée à la problématique afin d'en faire un véritable organe de contrôle des risques. Ensuite, les salariés et managers devront être briefés sur l'utilisation qu'ils feront de l'information sensible dans ou en dehors de l'entreprise. Enfin, l'idéal serait de mener un véritable audit des risques par l'intermédiaire d'un prestataire ou d'une personne dédiée à cette tâche, à plein ou mi-temps (mais on retombe alors sur la problématique précédemment invoquée). L'idéal invoqué par le rapport consiste en la mise en place d'un système de veille des risques. Sans l'invoquer clairement, on pense ici immédiatement au concept de War Room. Cette partie en termine par l'énonciation des principaux risques, permettant une mise en pratique rapide pour tout dirigeant d'entreprise.
Le cinquième et dernier thème est dédié aux manoeuvres d'influence. Traité en trois pages, il permet juste de se faire une idée assez réaliste des enjeux liés à l'influence, qu'ils soient publics ou privés. Les actions préconisées permettront aux plus téméraires de se rendre compte de la complexités des jeux d'influence, mais pas de s'y frotter réellement. Le domaine d'intervention est tellement délicat qu'il semblait effectivement délicat de rentrer plus en profondeur.
Pour conclure, je dirais que ce Livre Blanc se montre bien plus pertinent que ses prédecesseurs et apporte bien plus de réponse aux entrepreneurs en quête d'applications opérationnelles aux stratégies d'intelligence économique, même si quelques lacunes sont à déplorer. Restons donc positifs : si le MEDEF est sur la bonne voie, c'est que nos entreprises commencent à l'être.
http://www.medefparis.fr/Livre_Blanc.pdf
"Think of the Internet as a weapon on the table. Either you pick it up or your competitor does – but somebody is going to get killed." -- Michael Dell, Founder & CEO of Dell Computer

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