QUELLE COMMUNICATION AUTOUR DE LA CONDAMNATION DE TOTAL POUR PREJUDICE ECOLOGIQUE ?
Yves Jambu-Merlin l'explique très bien sur son blog : le récent jugement de l'affaire Total démontre enfin que “la responsabilité juridique est aussi une affaire de communication”. Il a tout à fait raison. La condamnation de Total pour "faute d'imprudence caractérisée" n'est effectivement pas une surprise. Les 192 millions d'euros de dommages et intérêts qui devront être versées aux parties civiles pour le naufrage de l'Erika en 1999 non plus. Ce qui l'est plus, c'est la stratégie de communication de la multinationale qui entoura la crise depuis son déclenchement jusqu'à la condamnation, sous-estimant sciemment le choc provoqué par la catastrophe dans l'opinion publique et l'émergence d'une conscience écologique au sein de la population française.
Après une procédure judiciaire qui aura duré près d'un an, le tribunal correctionnel de Paris a condamné, mercredi 16 janvier, le pétrolier Total à une amende de 375 000 euro pour "faute d'imprudence caractérisée" et a, pour la première fois en France, reconnu l'existence d'un préjudice "résultant de l'atteinte portée à l'environnement". Cette décision donnera la possibilité aux associations écologistes de se constituer parties civiles "pour demander réparation" si elles estiment qu'une atteinte à l'environnement, par exemple à l'encontre d'une espèce en voie de disparition ou d'un site naturel, a été commise.
Dans sa décision, le tribunal a notamment pointé "la discontinuité de la gestion technique et de l'entretien" du navire par l'affréteur Total SA, qui n'aurait pas pris en compte "l'âge du navire", soit près de vingt-cinq ans. L'avocat du pétrolier, Me Daniel Soulez-Larivière, a affirmé qu'il allait conseiller à la compagnie pétrolière de faire appel de cette condamnation.
L'armateur et le gestionnaire italiens, Giuseppe Savarese et Antonio Pollara, ont été reconnus coupables de "faute caractérisée" ayant provoqué le naufrage. Le juge Jean-Baptiste Parlos a estimé que les deux hommes devaient être au courant que les travaux de réparation menés sur le pétrolier avaient été conduits de manière à "réduire les coûts". Ils ont été condamnés à 75 000 euros d'amende. La société de classification RINA a également été reconnue coupable et condamnée à payer 375 000 euros. Le capitaine du bateau a été relaxé, ainsi que les membres des secours poursuivis.
Le juge Parlos a, en outre, demandé à l'ensemble des coupables de verser solidairement 192 millions d'euros de dommages et intérêts aux cent une parties civiles dans l'affaire. Une condamnation solidaire permet aux parties civiles de réclamer leurs dommages à un des condamnés, à charge pour ce dernier de se faire rembourser les quotes-parts auprès des autres coupables solidaires avec lui. Dans ce cas de figure, les parties civiles risquent de se retourner massivement vers le géant pétrolier Total, de loin le plus riche des condamnés avec ses bénéfices records (12,58 milliards d'euros en 2006 et au moins autant attendus en 2007).
Parmi les parties civiles, l'Etat recevra près de 153 millions d'euros. Les régions Bretagne, Pays de la Loire, Poitou-Charentes et les départements du Finistère, du Morbihan, de la Loire-Atlantique et la Vendée, Quimper, Le Guilvinec, Lorient, Quiberon, La Baule, Le Croisic, Guérande ou encore les îles d'Houat et de Noirmoutier figurent également au rang des communes indemnisées.
Le Monde
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Dans sa décision, le tribunal a notamment pointé "la discontinuité de la gestion technique et de l'entretien" du navire par l'affréteur Total SA, qui n'aurait pas pris en compte "l'âge du navire", soit près de vingt-cinq ans. L'avocat du pétrolier, Me Daniel Soulez-Larivière, a affirmé qu'il allait conseiller à la compagnie pétrolière de faire appel de cette condamnation.
L'armateur et le gestionnaire italiens, Giuseppe Savarese et Antonio Pollara, ont été reconnus coupables de "faute caractérisée" ayant provoqué le naufrage. Le juge Jean-Baptiste Parlos a estimé que les deux hommes devaient être au courant que les travaux de réparation menés sur le pétrolier avaient été conduits de manière à "réduire les coûts". Ils ont été condamnés à 75 000 euros d'amende. La société de classification RINA a également été reconnue coupable et condamnée à payer 375 000 euros. Le capitaine du bateau a été relaxé, ainsi que les membres des secours poursuivis.
Le juge Parlos a, en outre, demandé à l'ensemble des coupables de verser solidairement 192 millions d'euros de dommages et intérêts aux cent une parties civiles dans l'affaire. Une condamnation solidaire permet aux parties civiles de réclamer leurs dommages à un des condamnés, à charge pour ce dernier de se faire rembourser les quotes-parts auprès des autres coupables solidaires avec lui. Dans ce cas de figure, les parties civiles risquent de se retourner massivement vers le géant pétrolier Total, de loin le plus riche des condamnés avec ses bénéfices records (12,58 milliards d'euros en 2006 et au moins autant attendus en 2007).
Parmi les parties civiles, l'Etat recevra près de 153 millions d'euros. Les régions Bretagne, Pays de la Loire, Poitou-Charentes et les départements du Finistère, du Morbihan, de la Loire-Atlantique et la Vendée, Quimper, Le Guilvinec, Lorient, Quiberon, La Baule, Le Croisic, Guérande ou encore les îles d'Houat et de Noirmoutier figurent également au rang des communes indemnisées.
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