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Interview de l'auteur de "Smart Mobs" qui date un peu (2003) mais le livre étant excellent, je vous la conseille vivement.


INTERVIEW DE HOWARD RHEINGOLD
i[Netpolitique : Selon votre définition des 'smart mobs', les technologies de communication mobile qui existent aujourd'hui donnent un nouveau pouvoir d'organisation aux individus à des fins d'action collective. Pensez-vous que cela aura un impact à terme sur le rôle et l'utilité des partis politiques et des organisations syndicales?

Howard Rheingold : C'est effectivement un mauvais signe pour les partis et autres groupes d'intérêts qui ne savent pas utiliser ces technologies 'smart mobs' pour mobiliser et coordonner les actions de lobbying, les tactiques électorales et les manifestations. Je suis d'ailleurs inquiet de la vitesse à laquelle les technologies disruptives, s'appuyant sur le modèle mobile de la communication 'peer-to-peer' [d'individu à individu], infiltrent les processus électoraux partout dans le monde. Je suis inquiet car lorsque les comportements évoluent plus rapidement que les institutions, les institutions sociales peuvent craquer sous la pression.

Netpolitique.net : De Londres à Manille, de Seattle à Séoul, nous avons vu des exemples du pouvoir considérable de ces "foules intelligentes". De toute évidence il s'agit là de quelques chose qui peut inquiéter certaines gouvernements, notamment dans des pays comme la Chine par exemple, où les autorités ont imposé des contrôles stricts sur l'utilisation d'Internet sur le territoire national. Au risque de faire de la politique-fiction, pensez-vous que l'on puisse imaginer une version "smart mob" des évènements de Tien an Men par exemple?

Howard Rheingold : Les dictateurs qui utilisent les techniques modernes de désinformation et utilisent les moyens modernes de communication efficacement peuvent apprendre à contrer les tactiques des "foules intelligentes". La plupart d'entre eux ont probablement lu 'Netwar' à présent. Néanmoins, cela signifie que si d'autres forces issues de la société civile peuvent mobiliser un nombre suffisamment important d'individus " technologiquement compétents " pour prendre part à une action collective, les coûts liés à la répression de telles forces dépassent les capacités d'un appareil de contrôle centralisé.

Il est aisé pour une dictature de faire arrêter des opposants qui se réunissent sur une place publique - sauf si bien sûr les autorités changent de bord. Il est beaucoup plus difficile de contrôler 10 000 manifestations qui apparaissent spontanément, à l'insu de la police, alors que des milliers de manifestants se regroupent et se dispersent, coordonnés par des réseaux de communication 'peer-to-peer'.]i

Netpolitique
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Rédigé par Verbal Kint le 16/02/2006 à 14:33







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