FACEBOOK ET LE PRESIDENT FANTÔME : UNE AFFAIRE AVANT TOUT POLITIQUE ?
Impossible de passer à côté du buzz du moment. Arash Derambarsh, jeune politicien plein d'ambition aurait été élu Président de Facebook. Les médias se sont rapidement emparés de l'affaire, ont profité de l'effet de mode du réseau social mondial et en ont tiré des conclusions hâtives, qu'elles soient vraies ou fausses. Malgré l'explication avancée (la mise en place d'un module libre de vote ayant aboutit à ce résultat, non reconnu par Facebook), l'effet boule de neige a continué de s'amplifier, occasionant un début de débat philosophique sur la blogosphère et touchant finalement les médias plus traditionnels. Les conséquences ? Une identité numérique qui en pâtit lourdement, une publicité monstrueuse pour Facebook et la confirmation du pouvoir de nuisance des outils Web 2.0. Aujourd'hui Arash a fermé son profil public sur le réseau et les groupes de soutien ou de déni débattent du bien fondé d'une affaire dont on a pas fini d'entendre parler.
Vous allez faire comme tous les autres ? Ne pas m'écouter et écrire un ramassis de mensonges ?" Arash Derambarsh, visiblement dépassé par l'imbroglio qu'il a suscité, ne comprend pas pourquoi Le Monde se "rabaisse" à vouloir parler de lui. Le 31 décembre 2007, à 3 heures du matin, c'est lui pourtant qui modifiait sa propre fiche sur l'encyclopédie Wikipedia pour y annoncer que "suite à une élection réunissant 100 millions d'électeurs", il venait d'être élu " premier président de Facebook", le plus connu des réseaux sociaux sur le Web.
Un Français élu président de Facebook ! L'information allait forcément faire du bruit. Presse nationale, portails des grands médias, plateaux de télévision : on a vu Arash Derambarsh s'afficher partout avec un plaisir non feint.
Mais depuis, c'est la curée : blogueurs et journalistes spécialistes d'Internet le qualifient d'"imposteur", de "président fantoche" et "autoproclamé", vainqueur d'une "élection "bling-bling"", "la plus belle arnaque" de ce début d'année. Conséquence de cette tempête médiatique : l'article le concernant sur Wikipedia a été supprimé au motif qu'il n'est pas assez important pour y figurer.
Français d'origine iranienne, né en 1979, Arash Derambarsh prépare le concours d'avocat et est directeur de collection aux éditions du Cherche Midi. Coauteur du livre Comment peut-on être de droite aujourd'hui ? (Ramsay, 2006), il s'était présenté à Courbevoie (Hauts-de-Seine), aux législatives de 2007, en tant que "conseiller national UDF", mais contre le candidat officiel du MoDem, le parti de François Bayrou, ce qui lui avait valu d'en être exclu.
Une exclusion qu'il conteste, de même qu'il dément être l'auteur anonyme de la fiche le concernant sur Wikipedia. Un corbeau particulièrement bien intentionné, qui écrit "mon blog" en lieu et place de "son blog"...
Arash Derambarsh a soif de reconnaissance : il a de grandes ambitions, se voit ministre dans vingt ans, et se targue d'être soutenu par nombre de militants politiques et de personnalités. Sur son blog, il s'affiche, tout sourire, épaulant Bernadette Chirac, Jean-Louis Borloo, Harry Roselmack...
S'il reconnaît que son programme avait un côté "miss France", il n'en a pas moins un réel sens du politique : c'est en accusant (sans preuve) son principal rival, un comique libanais, de prôner le "choc des civilisations", qu'Arash Derambarsh a remporté l'élection, avec 9 156 des 143 000 votes exprimés, sur les 60 millions d'utilisateurs de Facebook - dont plus d'1 million de Français. On est loin des "100 millions d'électeurs" dont il se vantait initialement et qui avaient permis au Figaro de le présenter comme le "président du monde" capable, selon LCI, de toucher "deux fois plus de monde que Sarkozy".
Aujourd'hui, Arash Derambarsh se confond en excuses, affirmant que les organisateurs de l'élection l'ont trompé : "Je n'ai fait de mal à personne, ce n'était qu'un jeu et on en fait une affaire d'Etat !"
Après avoir couru les médias en vantant le "sérieux" de sa candidature, il fustige aujourd'hui ces journalistes "de droite" qui - en applaudissant son élection sans en valider la portée, ni vérifier ses dires - n'ont "pas fait leur travail", et ces journalistes "de gauche" qui l'accusent d'avoir manipulé les médias.
Le Monde
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Un Français élu président de Facebook ! L'information allait forcément faire du bruit. Presse nationale, portails des grands médias, plateaux de télévision : on a vu Arash Derambarsh s'afficher partout avec un plaisir non feint.
Mais depuis, c'est la curée : blogueurs et journalistes spécialistes d'Internet le qualifient d'"imposteur", de "président fantoche" et "autoproclamé", vainqueur d'une "élection "bling-bling"", "la plus belle arnaque" de ce début d'année. Conséquence de cette tempête médiatique : l'article le concernant sur Wikipedia a été supprimé au motif qu'il n'est pas assez important pour y figurer.
Français d'origine iranienne, né en 1979, Arash Derambarsh prépare le concours d'avocat et est directeur de collection aux éditions du Cherche Midi. Coauteur du livre Comment peut-on être de droite aujourd'hui ? (Ramsay, 2006), il s'était présenté à Courbevoie (Hauts-de-Seine), aux législatives de 2007, en tant que "conseiller national UDF", mais contre le candidat officiel du MoDem, le parti de François Bayrou, ce qui lui avait valu d'en être exclu.
Une exclusion qu'il conteste, de même qu'il dément être l'auteur anonyme de la fiche le concernant sur Wikipedia. Un corbeau particulièrement bien intentionné, qui écrit "mon blog" en lieu et place de "son blog"...
Arash Derambarsh a soif de reconnaissance : il a de grandes ambitions, se voit ministre dans vingt ans, et se targue d'être soutenu par nombre de militants politiques et de personnalités. Sur son blog, il s'affiche, tout sourire, épaulant Bernadette Chirac, Jean-Louis Borloo, Harry Roselmack...
S'il reconnaît que son programme avait un côté "miss France", il n'en a pas moins un réel sens du politique : c'est en accusant (sans preuve) son principal rival, un comique libanais, de prôner le "choc des civilisations", qu'Arash Derambarsh a remporté l'élection, avec 9 156 des 143 000 votes exprimés, sur les 60 millions d'utilisateurs de Facebook - dont plus d'1 million de Français. On est loin des "100 millions d'électeurs" dont il se vantait initialement et qui avaient permis au Figaro de le présenter comme le "président du monde" capable, selon LCI, de toucher "deux fois plus de monde que Sarkozy".
Aujourd'hui, Arash Derambarsh se confond en excuses, affirmant que les organisateurs de l'élection l'ont trompé : "Je n'ai fait de mal à personne, ce n'était qu'un jeu et on en fait une affaire d'Etat !"
Après avoir couru les médias en vantant le "sérieux" de sa candidature, il fustige aujourd'hui ces journalistes "de droite" qui - en applaudissant son élection sans en valider la portée, ni vérifier ses dires - n'ont "pas fait leur travail", et ces journalistes "de gauche" qui l'accusent d'avoir manipulé les médias.
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